miércoles, 8 de junio de 2011

En la muerte de Jorge Semprún


En la muerte de Jorge Semprún, al que dedicaré mi columna sabatina de prensa, es de agradecer el comunicado de la Presidencia de la República francesa, en cuyo homenaje la reproduzco:

PRÉSIDENCE
DE LA
RÉPUBLIQUE
______
Service de presse
Paris, le 8 juin 2011
COMMUNIQUÉ
Le président de la République rend hommage à Jorge Semprun, figure tutélaire parmi
les écrivains engagés du XXème siècle, qui a contribué de façon décisive, à travers sont talent multiforme de romancier, de mémorialiste, de poète, mais aussi de scénariste et dialoguiste de films, à la compréhension des ressorts des totalitarismes.
Ce fils de républicains espagnols, engagé communiste puis dans la Résistance,
arrêté par la Gestapo et déporté, nous avait livré avec « L’écriture ou la vie » un témoignage aussi bouleversant que lucide sur l’univers concentrationnaire et la difficulté de rendre compte de cette expérience indicible.
Adversaire résolu du franquisme et du nazisme, il fait également partie – aux côtés
d’Arthur Koestler ou de Boris Souvarine - de ces écrivains un temps convaincus par le
marxisme qui ont tiré de leur connaissance intime des mécanismes totalitaires une lecture critique redoutée de tous les dévots du stalinisme.
Mais l’interprète de la condition humaine qui avait vu agoniser dans ses bras, à
Buchenwald, son maître Maurice Halbwachs, était aussi le romancier et le mémorialiste
allègre des joies inouïes de ce qu’il appelait « l’éblouissante infortune de la vie ».
Jorge Semprun avait choisi le français pour patrie, à l’exemple de Casanova, de
Beckett ou de Cioran. Français d’adoption pour qui la Place du Panthéon était le centre de l’univers, figure familière de Saint-Germain-des-Prés, il était l’un des derniers grands acteurs d’une époque tragique mais rayonnante de l’histoire intellectuelle et littéraire de notre pays.

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